juillet 7, 2022

Mobilisation contre la réforme des retraites : notre réponse au pathétique courrier de la Ministre Frédérique Vidal !

Le 4 décembre, veille d’un mouvement national interprofessionnel de grande ampleur, la Ministre F. Vidal s’est fendue d’une lettre adressée aux personnels de la recherche au sujet de la réforme des retraites. Mensonger, évasif, sans aucune proposition pour les salarié.e.s de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, ce courrier ne nous apprend rien sinon que le gouvernement est inquiet ! Après Blanquer et son courrier aux enseignants, voici venu le temps de celui de Vidal pour l’enseignement supérieur et la Recherche ! Par tous les moyens ce gouvernement tente d’éteindre la grogne et la colère, et par conséquent tente de désamorcer la contestation, preuve qu’il n’est pas aussi serein qu’il le laisse (timidement) transparaitre. Finalement, par ses agissements, le gouvernement ne fait qu’attiser la colère et nous encourage à poursuivre l’engagement militant exceptionnel de ce dernier mois pour expliquer, convaincre et mobiliser l’ensemble de nos collègues.

Répondons point par point.

  • « Le nouveau système sera toujours à répartition ». Vrai, mais personne n’est dupe. Etant donné la baisse des pensions, celles et ceux qui en ont les moyens se tourneront vers la capitalisation, l’épargne retraite et les fonds de pension pour maintenir leur niveau de vie. Les boursicoteurs, assureurs et banquiers s’en frottent déjà les mains. Donc l’objectif à terme, est bien de favoriser la capitalisation au détriment de la répartition.
  • « Ce sera un système par points et nous inscrirons dans la loi que la valeur du point ne pourra pas baisser, ainsi nous garantirons le niveau des pensions et le pouvoir d’achat des retraités ». Faux. La réforme prévoit un blocage des ressources du système des retraites à 14% du PIB, c’est à dire son niveau actuel, alors que le nombre de retraités va augmenter d’un tiers d’ici 2050. Donc le montant des pensions va forcément baisser. Précision : la valeur des points sera déterminée uniquement au moment du départ en retraite et ne sera pas la même pour tous, puisqu’elle dépendra de l’âge de départ à la retraite et de la situation économique.
  • « Nous mettrons en place un minimum de pension à 1000 euros par mois pour ceux qui ont une carrière complète » 1000 euros par mois ! Après plus de 40 ans de travail ! C’est censé nous réconforter Mme la Ministre ? Et celles et ceux qui se sont interrompu-e-s, celles et ceux qui ont été recruté-e-s tardivement, celles et ceux qui ont connu le chômage ? quid des années d’études et de formation ? (ah oui « étudier ce n’est pas travailler » dixit la porte parole du gouvernement). Quid des années travaillées à l’étranger ? pour toutes ces questions qui concernent au plus haut point la communauté de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, Madame la Ministre nous cherchons encore vos réponses …

Concernant les fonctionnaires :

  • « Ils cotiseront sur toutes leur rémunération, y compris sur leur primes … cela veut dire aussi qu’à carrière et rémunération identiques, les droits à la retraite sont identiques ». Faux, parce que la distribution des primes est très inégalitaire chez les fonctionnaires. Les enseignants, enseignants-chercheurs et chercheurs n’ont quasiment pas de prime par exemple. Après les collègues de l’Education Nationale, la communauté ESR est la moins bien lotie. D’ailleurs c’est tellement faux que la ministre ajoute :
    « Du fait du montant limité des primes versées aux enseignants-chercheurs et aux chercheurs par rapport à d’autres fonctionnaires comparables, le Gouvernement s’est engagé à ce que la mise en place du système universel permette de garantir un même niveau de retraite pour ces personnels que pour les corps équivalents de la fonction publique »Euh… mais alors le système universel n’est pas universel, finalement ? A rémunération identique on n’aura donc pas de retraite identique ? On se moque de nous, non ?
  • « Nous étendrons à la fonction publique la reconnaissance des métiers pénibles… »Vrai, mais les critères de pénibilité sont revus très largement à la baisse (ils ne sont plus que 6). Le port de charges lourdes, l’exposition aux risques chimiques, les postures pénibles, etc… ne sont plus des critères de pénibilité ! De plus, les seuils d’exposition ont eux été revus à la hausse : pour partir à 60 ans il faudra avoir été exposé pendant au moins 25 années à un facteur de risque !

Vous l’aurez compris, le gouvernement est inquiet mais il reste malhonnête et malveillant. La mobilisation du 5 décembre est un premier succès, d’une ampleur inédite, ce sont plus de 10.000 personnes qui ont manifesté à Nice à l’appel des organisations syndicales et de jeunesse. Les travailleuses et les travailleurs, par l’arrêt de travail, la manifestation, ont réaffirmé leur opposition à la réforme portée par le gouvernement Macron. Mais cela ne suffira pas ! intensifions le combat et nous réussirons à le faire plier !

Nous appelons l’ensemble de la communauté scientifique et de l’Enseignement Supérieur, toutes celles et tous ceux qui ne se sont pas encore mobilisés à le faire. Ce combat concerne tout le monde, quel que soit son entreprise, sa profession ou sa catégorie professionnelle, car la retraite c’est l’affaire de tous ! Il faut poursuivre la mobilisation sociale et l’élargir, tout en l’inscrivant dans le temps.

Nous encourageons les collègues à participer à toute initiative, y compris les manifestations ou rassemblements le week-end, puis à s’inscrire dans la journée de mobilisation, de grève et de manifestation, le Jeudi 12 décembre. D’autres dates et actions sont en cours de propositions.